Côte d’Ivoire : le Conseil du Café-Cacao dément un blocage de camions de cacao au port d’Abidjan et San-Pedro
Le directeur général du Conseil du Café-Cacao (CCC), Koné Brahima Yves, a fermement démenti mercredi l’existence d’un blocage massif de camions de cacao dans les ports ivoiriens, réfutant des rumeurs faisant état de centaines de milliers de tonnes immobilisées et assurant que « toute la production issue des plantations ivoiriennes sera achetée ».
S’exprimant lors d’un point de presse tenu au 23e étage de l’immeuble de l’ex-CAISTAB à Abidjan, le patron de l’organe de régulation de la filière a dénoncé des « fausses informations » de nature à « troubler la campagne de commercialisation », alors que la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao.
Depuis plusieurs jours, des syndicats et certains médias évoquent un engorgement des ports d’Abidjan et de San-Pedro, avec jusqu’à 700.000 tonnes de fèves qui seraient stockées faute de débouchés, alimentant l’inquiétude des producteurs en pleine campagne.
« Il n’y a pas de blocage inédit de la commercialisation du cacao en Côte d’Ivoire », a martelé M. Koné, soulignant que les difficultés observées cette saison « ne sont pas nouvelles » et surviennent « chaque année à certains moments de la campagne ».
Selon lui, ces informations ont été « récupérées pour des desseins inavoués et partisans », avec des conséquences directes sur le marché. Le directeur général du CCC a notamment regretté l’impact de ces rumeurs sur les cours mondiaux du cacao, affirmant que le prix aurait chuté de l’équivalent de 800 FCFA le kilogramme, passant de 4.000 à 3.200 FCFA.
« Cette situation crée une pression injustifiée sur les producteurs, avec des opérateurs qui cherchent à obtenir une baisse du prix bord champ », a-t-il déploré.Pour dissiper les doutes, le Conseil du Café-Cacao a donné des précisions chiffrées sur l’activité portuaire.
« Le déchargement du cacao dans les ports d’Abidjan et de San-Pedro n’est pas interrompu », a assuré M. Koné, indiquant que 305 camions, transportant chacun environ 40 tonnes, étaient en cours de déchargement pour la seule journée du mercredi.
Face aux images de camions stationnés aux abords des zones portuaires, le CCC a annoncé une inspection afin de vérifier si ces véhicules disposent de connaissements valides. Depuis 2018, rappelle l’institution, aucun camion ne peut quitter une zone de production pour le port sans un connaissement préalablement validé par l’opérateur et l’exportateur.
Ce mécanisme vise à éviter l’afflux désordonné de camions vers les ports, en s’assurant que seuls ceux pouvant effectivement décharger leur cargaison dans la journée sont autorisés à circuler.
Le directeur général a par ailleurs rappelé les mesures prises par l’État ivoirien en faveur des producteurs, mettant en avant les prix bord champ « historiquement élevés » fixés pour la campagne en cours, à 2.800 FCFA le kilogramme de cacao et 1.700 FCFA pour le café.
« L’acteur premier pour le gouvernement, c’est le producteur », a insisté M. Koné, appelant les opérateurs de la filière à « œuvrer collectivement dans l’intérêt de l’économie nationale » et à mettre un terme aux « campagnes de désinformation ».
En conclusion, il a tenu à rassurer l’ensemble des planteurs ivoiriens : « Toute la production issue des plantations ivoiriennes sera achetée et acheminée vers les usines pour l’exportation, conformément au système de commercialisation en vigueur ».
La Côte d’Ivoire produit environ 2 millions de tonnes de cacao par an, soit près de 40 % de l’offre mondiale, faisant de la fluidité de sa commercialisation un enjeu économique majeur pour le pays comme pour le marché international.
Durandeau



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