Le Club du jour : C.A.P.B, un laboratoire de. Talents pour la Côte d’Ivoire
La gande première de notre rubrique consacré aux clubs ivoiriens par une incursion au coeur d’une écurie située au coeur d’Abidjan, la capitale économique de la Côte-d’Ivoire.
À l’écart des grands centres d’entraînement, sur une piste en marbre posée à Gonzagueville Terre Rouge, en bordure de plage à Port-Bouët, un club ivoirien façonne patiemment l’avenir de l’athlétisme local : le Club d’Athlétisme de Port-Bouët (C.A.P.B).
Fondé le 2 décembre 2016 par Mme OLONADE Née AGBO FLORENCE dans le cadre de la réorganisation de la ligue d’Abidjan en deux entités (Abidjan Sud et Abidjan Nord), le C.A.P.B est né d’une nécessité structurelle : déconcentrer la pratique et désengorger l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS), principal pôle d’entraînement de la capitale économique.
𝐔𝐧 𝐦𝐨𝐝𝐞̀𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐥
Le projet du club cher à la presidente Mme N’CLOI CHELA LARISSA BENITHE est clair : ancrer l’athlétisme dans les communes, rapprocher la piste des jeunes et supprimer la barrière du déplacement. À Port-Bouët, le club offre ainsi une alternative crédible aux structures centralisées.
Avec un effectif oscillant autour de 30 athlètes par saison, le C.A.P.B fonctionne sur un modèle communautaire. Élèves et jeunes actifs s’entraînent gratuitement, orientés vers les disciplines correspondant à leur profil morphologique — sprint, demi-fond, sauts ou lancers.
La détection s’opère directement dans les établissements secondaires, via les réseaux sociaux et par cooptation. Un schéma classique en Afrique de l’Ouest, mais structuré ici par une méthodologie assumée.
𝐔𝐧𝐞 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐚𝐥𝐪𝐮𝐞́𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐭𝐚𝐧𝐝𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐟𝐞́𝐝𝐞́𝐫𝐚𝐮𝐱
Le staff technique dirigé par M. KPANGUI CLOVIS KOUAMÉ s’appuie sur une périodisation rigoureuse :Préparation Physique Générale (PPG),Cycle pré-compétitif,Saison compétitive et Phase de transition.
Le club participe aux interclubs de sa zone et se positionne régulièrement dans le Top 10, avec des classements autour de la 6e place. Une performance notable au regard de ses moyens limités.
𝐈𝐧𝐬𝐩𝐢𝐫𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥’𝐞́𝐥𝐢𝐭𝐞 𝐢𝐯𝐨𝐢𝐫𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞
L’ambition du C.A.P.B s’inscrit dans l’héritage du sprint ivoirien, porté ces dernières années par des figures internationales telles que Méïté Ben Youssef,Hua Koffi Wilfried ,Marie-Josée Ta Lou, Murielle Ahouré-Demps, Koné Maboundou,Arthur Cissé Gué ,Jessika Gbaï ,Traoré Cheickna ou encore Ismaël Koné sans oublier les jeunes cracks locaux.
Le club revendique déjà une première réussite avec Sibaï Audrey, ancienne athlète devenue enseignante d’EPS, symbole d’un impact qui dépasse la seule performance sportive.La devise du club — « Plus haut, plus loin, plus fort » — traduit cette volonté d’élévation technique et humaine.
𝐄𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐥𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐞̂𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧
Malgré son engagement, le C.A.P.B évolue sans partenaire institutionnel ou privé. Une sollicitation adressée en avril 2025 à la Mairie de Port-Bouët pour un appui matériel et financier est restée sans réponse.
Dans un contexte où les clubs africains hors capitales fédérales peinent à accéder aux ressources, le C.A.P.B illustre la réalité d’un athlétisme de terrain : passionné, structuré, mais fragile économiquement.
𝐂𝐚𝐩 𝐬𝐮𝐫 𝐥’𝐞́𝐥𝐢𝐭𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞
Pour la saison en cours, l’objectif est assumé : intégrer le cercle des meilleurs clubs de la ligue Abidjan Sud et se qualifier pour la finale nationale des clubs.
À Port-Bouët, face à l’Atlantique, le C.A.P.B avance sans complexe.
Dans un pays qui a fait du sprint une signature mondiale, ce club de proximité incarne une vérité essentielle de l’athlétisme : la haute performance commence souvent loin des projecteurs.
lignerouge.net avec StarterNews



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