Finance carbone : les Régions ivoiriennes outillées pour structurer des projets agroforestiers
Les Conseils régionaux de Côte d’Ivoire seront accompagnés dans la structuration de projets agroforestiers conformes aux standards de la finance carbone, dans le cadre d’une mission technique lancée lundi à Abidjan sous l’égide du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique.
Prévue du 9 au 13 février, cette mission s’inscrit dans le Programme T2EF (Transition écologique dans l’espace francophone). Elle est conduite par l’Association internationale des Régions francophones (AIRF), avec l’appui financier et technique de l’Agence française de la transition écologique (ADEME).
Le lancement officiel s’est tenu au siège de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), en présence de Parfait Kouadio, directeur de cabinet du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, représentant le ministre Abou Bamba.
L’initiative vise à accompagner les collectivités territoriales dans la conception de projets agroforestiers susceptibles de générer des crédits carbone, tout en favorisant un développement local durable. Elle prolonge les échanges engagés lors du Forum du marché carbone organisé en janvier 2025 par le ministère.
Dans son discours d’ouverture, M. Kouadio a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire de la transition écologique un levier de développement, face aux défis du changement climatique.
« Face aux défis du changement climatique, la Côte d’Ivoire a fait le choix d’une action résolue et structurée, inscrite dans une vision de transition écologique. Le marché carbone constitue aujourd’hui un levier stratégique majeur pour concilier la lutte contre les changements climatiques, la préservation de nos ressources naturelles et la promotion d’un développement économique durable », a-t-il déclaré.
La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, est confrontée à une forte pression sur ses ressources forestières. Les projets agroforestiers, combinant cultures agricoles et arbres, sont présentés par les autorités comme une réponse aux enjeux de séquestration du carbone, de restauration des paysages et de résilience climatique.
Selon le ministère, le pays a enregistré des avancées dans la mise en place de son cadre institutionnel et réglementaire du marché carbone. L’opérationnalisation du Registre carbone national est notamment mise en avant comme un outil destiné à renforcer la transparence et la crédibilité des projets aux niveaux régional et international.
Le Bureau du Marché Carbone (BMC) joue un rôle central dans l’orientation, la régulation et l’accompagnement des porteurs de projets, a rappelé M. Kouadio.
Les autorités insistent sur l’implication des collectivités territoriales. « Les Régions jouent un rôle essentiel au cœur des territoires et des communautés. Les projets qu’elles initient, notamment en agroforesterie, offrent un fort potentiel pour la séquestration du carbone, la restauration des paysages, la résilience climatique et la création de revenus durables, tout en contribuant à la mise en œuvre des engagements de la Côte d’Ivoire au titre de la CDN 3.0 », a-t-il souligné.
La Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) formalise les engagements climatiques actualisés du pays dans le cadre de l’Accord de Paris.
À travers cette mission, les partenaires francophones entendent doter les Régions ivoiriennes d’outils techniques et méthodologiques pour structurer des projets bancables, susceptibles d’attirer des financements carbone internationaux.
Pour les autorités ivoiriennes, la finance carbone apparaît désormais comme un instrument stratégique pour mobiliser des ressources additionnelles, soutenir les territoires ruraux et accélérer la transition écologique du pays.



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