Finance islamique : Amane Plus, une plateforme ivoirienne digitalise la zakat, la sadaqah et les dons solidaires
En marge du mois béni de Ramadan, la période du jeûne musulman, Amane Plus, une application digitale conçue pour accompagner les dons, a été présentée lors d’une conférence de presse samedi 21 février 2026 au Mövenpick Hôtel Abidjan.
La plateforme permet aux utilisateurs de payer en ligne leur zakat, leur sadaqah et de soutenir diverses actions solidaires, notamment la prise en charge de soins médicaux, l’achat de denrées alimentaires ou la contribution à la construction d’écoles et de mosquées. Le dispositif est présenté comme transparent et conforme aux principes de la finance islamique, avec pour objectif de garantir un impact concret.
Selon ses promoteurs, l’application, structurée autour de l’éthique et d’une vision communautaire, propose une nouvelle manière d’organiser et de pratiquer le don, fondée sur un principe fondamental en Islam, l’Amanah, qui désigne la confiance, le dépôt et la responsabilité confiée à chacun.

« Le Ramadan nous appelle à la générosité, mais aussi à la pureté de l’intention. Pourtant, même à l’ère du numérique, une inquiétude revient souvent. Où va mon don ? Ma zakat est-elle correctement calculée ? La dignité du bénéficiaire est-elle préservée ? Et au final, qu’est-ce que mon don a réellement changé ? Ces interrogations traduisent une exigence de responsabilité. La réponse, selon nous, se trouve dans le concept de l’Amanah », a expliqué Ismaël Adam Cissé, président-directeur général d’Infinity Africa Group.
« La mission première, c’est de mettre l’innovation et la technologie au service de la finance éthique, de la finance islamique. Amane Plus, c’est une plateforme de confiance qui amène ces valeurs éthiques dans la poche de tout le monde.
Nous commençons par notre premier service qui est la possibilité de payer sa Zakat ou de faire des dons avec toute la traçabilité qui s’en suit, avec tous les acteurs qui encadrent le processus pour nous assurer que vous sachiez où va chaque franc donné ou chaque franc payé en Zakat », a-t-il réitéré.

Pour Ismaël Adam Cissé, par ailleurs concepteur de l’application, Amane Plus constitue une solution à la crise de confiance du don. « Aujourd’hui, le don traverse une crise de confiance, souvent silencieuse. Beaucoup veulent donner mais hésitent au dernier moment parce que, trop souvent, il y a opacité, doute de conformité, dignité mal protégée et impact invisible. Résultat, certains donnent avec un cœur lourd et d’autres n’osent plus. Et là, c’est inacceptable parce que la générosité ne doit pas être un pari ni un doute d’incertitude », a-t-il expliqué.
« Notre réponse se trouve dans cette solution que nous proposons, qui est Amane Plus. Ce n’est pas juste une application qu’on télécharge, c’est une Amanah que l’on porte. C’est l’instrument qui permet à votre main invisible, depuis votre écran, d’atteindre ceux que vous ne croisez jamais physiquement mais qu’Allah a placés sous votre responsabilité », a-t-il ajouté.
D’après le PDG de Infinity Africa Group, Amane Plus repose sur trois piliers, à savoir la traçabilité totale, la conformité absolue et la préservation de la dignité. En effet, l’outil permet de suivre l’impact réel des contributions, tout en préservant la dignité des bénéficiaires et le discrétion du donateur, une approche résumé par le concept de la « main invisible », qui est d’agir sans être vu, de réparer sans humilier.

« La traçabilité est au cœur vraiment de l’architecture de la solution qui est proposée. Donc vous savez quelle est la destination de chaque franc que vous donnez et vous avez des rapports même de l’action qui est menée sur le terrain à partir de votre don. Donc en tout temps, vous pouvez nous demander des comptes et les comptes seront disponibles à travers cette application », a-t-il signifié.
« Chaque contributeur reçoit un reporting mensuel du programme qu’il a soutenu (collecté, décaissé, solde, bénéficiaires, preuves anonymisées, indicateurs d’impact). Pour la Zakat, des attestations seront émises. Nous ne demandons pas de croire en nos mots, mais de vérifier les faits », a-t-il précisé.
La plateforme permet de faire la distinction entre la Zakat et la Sadaqah. Pour information, la Zakat est une aumône obligatoire (3ème pilier de l’Islam) calculée à 2,5 % des actifs du musulmans, tandis que la Sadaqah est un don volontaire et spontané, sans montant ni moment fixe. La Zakat a des bénéficiaires précis, alors que la Sadaqah peut être donnée à tous.
« Amane Plus repose sur une architecture de contrôle claire. Gouvernance religieuse, Gouvernance opérationnelle, séparation stricte Zakat/Sadaqa, contrôle interne, vérification d’échantillons et audit, historique traçable de validation et d’action. Tout cela existe pour une seule raison, rendre la confiance vérifiable », a-t-il précisé.
A l’issue de ce lancement, Amane Plus ambitionne d’accompagner les donateurs pendant le mois de Ramadan et au-delà, en intégrant l’outil dans la routine spirituelle quotidienne. A cet effet, Ismaël Adam Cissé a lancé un appel à l’endroit de la communauté islamique et des autres confessions.
« Amane Plus n’a pas vocation à remplacer qui que ce soit. Amane+ veut connecter ceux qui font déjà le bien et leur donner une infrastructure commune. C’est une plateforme qui s’adresse à tout le monde. Donc elle s’adapte à tout type d’initiative qui a pour objectif de faire du bien, d’apporter du changement positif dans les niveaux de vie des populations ou de venir en aide aux plus démunis », a-t-il déclaré.

La conférence a également été marquée par le lancement officiel des activités de la Fondation Maconi, portée par Hadja Maconi Cissé. Cette organisation de bienfaisance islamique se donne pour mission d’assister les personnes vulnérables, de soutenir l’éducation et l’autonomisation des jeunes, d’accompagner les veuves et les orphelins et de promouvoir la paix et la cohésion sociale en Côte d’Ivoire.
La Fondation Maconi est le bras opérationnel terrain de Amane Plus. En effet, les équipes terrain de la fondation ont pour rôle de structurer les initiatives, d’identifier les bénéficiaires, de vérifier l’éligibilité des bénéficiaires, de collecter des preuves sans exposer la dignité des bénéficiaires, de faire remonter les rapports, le tout selon des procédures strictes.

Plusieurs personnalités ont pris part à la cérémonie, dont le recteur de la Grande Mosquée du Plateau, l’imam Cissé Djiguiba, le directeur de cabinet du chef de la communauté musulmane en Côte d’Ivoire, l’imam Moustapha Soumahoro, le cheick Moustapha Sonta, khalife général de la Tidjaniya en Côte d’Ivoire, ainsi que Koné Drissa, conseiller spécial du président de la République, Alassane Ouattara, chargé des cultes et des affaires sociales.

Durandeau



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