Transport aérien/CEDEAO : vers une baisse des prix des billets d’avion dès 2026
Les dirigeants ouest-africains ont adopté à Abuja une mesure visant à alléger significativement le coût des billets d’avion dans la région, en décidant l’abolition des taxes sur le transport aérien et une réduction de 25 % des redevances passagers et de sécurité à compter du 1er janvier 2026.
Réunis en sommet en décembre 2024 dans la capitale nigériane, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont validé un Acte additionnel portant sur les redevances, taxes et frais aéronautiques, dans l’objectif de rendre le transport aérien plus accessible dans une région où les prélèvements figurent parmi les plus élevés au monde.
Longtemps décriée par les opérateurs économiques comme par les voyageurs, la cherté des billets d’avion en Afrique de l’Ouest est considérée comme un frein majeur au développement du tourisme, au commerce intra-régional et à la libre circulation des personnes et des biens. Selon des données sectorielles, les taxes et redevances représentent entre 30 % et 50 % du prix final d’un billet dans la sous-région.
En moyenne, un passager au départ d’un aéroport ouest-africain acquitte entre 95 et 110 dollars de taxes et redevances sur un billet international, contre environ 30 dollars en Europe ou au Moyen-Orient. Dans certains cas, sur des liaisons intra-africaines, le montant des taxes peut même dépasser le tarif de base du billet, portant la charge fiscale à plus de la moitié du prix payé.
Au-delà de la fiscalité, le coût élevé des billets s’explique également par des facteurs structurels, notamment le prix du carburant, les coûts de maintenance des appareils, la faible densité du trafic, le manque de concurrence sur plusieurs liaisons régionales ainsi que le poids des infrastructures aéroportuaires, dont les charges sont largement répercutées sur les passagers.
Selon la CEDEAO, la suppression des taxes et la baisse des redevances devraient se traduire par une diminution progressive des tarifs aériens, une augmentation du trafic de passagers et un renforcement de la compétitivité des compagnies aériennes de la région, souvent fragilisées par des charges d’exploitation élevées.
La mise en œuvre de cette réforme sera suivie par la Commission de la CEDEAO à travers un Mécanisme régional de surveillance économique du transport aérien, chargé d’évaluer son impact sur les prix des billets, le trafic et la viabilité financière des transporteurs.
Si la mesure implique un manque à gagner fiscal à court terme pour les États, les responsables communautaires estiment que l’élargissement du marché aérien, l’augmentation du trafic et la dynamisation des activités économiques devraient, à terme, compenser la perte de recettes.



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