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La France restitue à la Côte d’Ivoire le tambour parleur Djidji Ayôkwé, 110 ans après son départ

Arraché à la Côte d’Ivoire il y a plus d’un siècle, le tambour parleur Djidji Ayôkwé a été officiellement restitué vendredi à Paris lors d’une cérémonie au Musée du quai Branly – Jacques Chirac, marquant l’aboutissement d’un long processus diplomatique entre Paris et Abidjan.

La ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, et son homologue française, Rachida Dati, ont signé l’acte officiel de transfert de propriété de l’instrument, symbole ancestral du peuple Atchan.

Pesant 430 kilogrammes, le Djidji Ayôkwé servait autrefois à transmettre des messages rituels et à alerter les villageois, notamment lors des opérations de recrutement forcé ou d’enrôlement militaire durant la période coloniale. Véritable outil de communication communautaire, il incarnait l’autorité et la cohésion sociale.

« 1916-2026, 110 années d’attente, de mémoire et de résilience. 110 ans qui écrivent aujourd’hui une page mémorielle qui fera date dans l’histoire de notre pays », a déclaré Françoise Remarck lors de la cérémonie. « Le Djidji Ayôkwé revient sur sa terre, auprès des siens, auprès de sa communauté », a-t-elle ajouté.

La ministre a rappelé que le 6 août 2025, à l’occasion de la fête de l’indépendance, le président ivoirien Alassane Ouattara s’était réjoui du retour prochain de l’instrument, affirmant que « bâtir l’avenir, c’est aussi préserver notre histoire, nos traditions et notre patrimoine culturel ».

Selon Abidjan, cette restitution est le fruit d’un dialogue engagé depuis plusieurs années, dans le sillage du discours prononcé à Ouagadougou en 2017 par le président français Emmanuel Macron, qui avait ouvert la voie à la restitution d’œuvres africaines. Une demande officielle avait été adressée en 2019 par le chef de l’État ivoirien.

« Pendant plus d’un siècle, cette voix a été éloignée de sa terre, mais elle n’a jamais cessé d’habiter les cœurs », a souligné Françoise Remarck, exprimant sa « profonde reconnaissance » au président Ouattara pour son « leadership » et sa « diplomatie active ».

Plusieurs personnalités ont assisté à la cérémonie, dont la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, et le directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, conférant à l’événement une portée internationale.

La signature de la convention de transfert « matérialise l’aboutissement d’un long processus diplomatique, juridique et culturel », a insisté la ministre ivoirienne, saluant un engagement bilatéral fondé sur « le respect mutuel » et « la reconnaissance de la valeur inestimable de notre patrimoine ».

Le Djidji Ayôkwé doit désormais regagner la Côte d’Ivoire, où il sera accueilli comme « une mémoire retrouvée, une dignité réaffirmée et une voix rendue à son peuple », selon les autorités ivoiriennes.

Durandeau

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