Culture : le MASA 2026 mise sur l’intégration et le dialogue culturel
La Côte d’Ivoire a officiellement lancé jeudi à Abidjan la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan, une biennale devenue l’un des plus grands rendez-vous culturels du continent, placée cette année sous le signe de « l’intégration économique et sociale » par les arts du spectacle.
La cérémonie s’est tenue au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, en présence de plusieurs membres du gouvernement ivoirien. La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, qui présidait l’événement, était entourée notamment du ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, du ministre des Infrastructures et de l’Entretien routier, Hien Sié Yacouba, et du ministre délégué à l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot.
Le Royaume du Maroc a été désigné pays invité d’honneur et le Brésil invité spécial. Leurs ambassadeurs respectifs ont pris part à la cérémonie, aux côtés de représentants de la présidence, de la primature, du District autonome d’Abidjan, de partenaires du MASA et de nombreux professionnels de la culture, étudiants en art et médias.
Prévu du 11 au 18 avril dans plusieurs communes d’Abidjan – Yopougon, Abobo, Treichville, Koumassi et Port-Bouët – le MASA 2026 ambitionne de rassembler plus de 500.000 visiteurs. Selon les organisateurs, plus de 300 spectacles seront programmés, avec près de 2.000 artistes sur scène et 103 pays représentés.
Dans son allocution, le directeur général du MASA, Abou Kamaté, a détaillé les grandes articulations de cette édition, qui se veut particulièrement éclectique. Musique, danse, conte, théâtre, humour, slam, cirque, marionnette et arts de la rue figureront au programme. « C’est inédit pour une telle biennale », a-t-il souligné, mettant en avant la volonté d’ouvrir davantage le festival à toutes les expressions scéniques.
Au-delà des spectacles, le MASA prévoit des rencontres professionnelles, des sessions B to B, des colloques et des ateliers spécialisés, dans l’objectif de renforcer les échanges entre artistes, producteurs et diffuseurs. Les organisateurs insistent sur la dimension économique de l’événement, conçu comme une plateforme de structuration des industries culturelles africaines.
Instauré lors de la précédente édition, le prix féminin portant le nom de la Grande chancelière honoraire Henriette Dagri Diabaté sera de nouveau décerné. Doté en son honneur, ce prix vise à promouvoir la créativité, le leadership et l’excellence des femmes dans les arts et la culture, et à souligner leur rôle dans la transformation des économies culturelles.
L’édition 2026 accorde également une place importante au jeune public. Des spectacles et lectures scéniques dédiés, un espace éducatif interactif et le « MASA Fitini », village pour enfants conçu comme un cadre d’apprentissage ludique, seront reconduits. Autre innovation, un concours baptisé « Jeunes créateurs de contenus africains » réunira dix créateurs venus des espaces francophone, anglophone et lusophone.
Pour Françoise Remarck, la culture constitue « un levier d’intégration et un espace de dialogue ». Elle a rappelé que les arts portent des valeurs de paix, de tolérance et de vivre-ensemble, chères à la Côte d’Ivoire, saluant au passage la participation du Maroc et du Brésil comme symboles d’ouverture et de coopération culturelle.
La ministre a enfin rendu hommage à Henriette Dagri Diabaté, initiatrice du MASA en 1990, qu’elle a qualifiée de « modèle » et de « référence » pour son engagement en faveur de la culture.
Créé il y a plus de trois décennies, le MASA s’est imposé comme une vitrine des talents africains et un carrefour stratégique pour les professionnels du spectacle vivant. À deux mois de son ouverture, Abidjan se prépare déjà à vibrer au rythme d’une édition qui entend conjuguer création artistique et ambition économique, dans un esprit d’intégration continentale.

Durandeau



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