À 2,1 milliards de dollars, les prêts chinois à l’Afrique s’effondrent de plus de 90%
En 2024, les financements chinois accordés à l’Afrique ont chuté à 2,1 milliards de dollars, soit une baisse de plus de 90 % par rapport à leur pic de 2016, confirmant un net tournant de Pékin vers une approche plus prudente et sélective du crédit sur le continent.
Ce niveau marque l’un des plus faibles volumes enregistrés depuis plus d’une décennie. Après avoir longtemps soutenu de vastes projets d’infrastructures, routes, ports, chemins de fer ou centrales énergétiques, la Chine réduit désormais son exposition financière, dans un contexte de tensions économiques mondiales et de fragilisation des finances publiques africaines.
La contraction des prêts s’est accélérée au fil des années. Déjà en 2019, les engagements chinois à destination de l’Afrique avaient fortement reculé pour s’établir à 6,8 milliards de dollars, rompant avec une période d’abondance durant laquelle les décaissements dépassaient régulièrement les 10 milliards de dollars par an. La pandémie de Covid-19 a ensuite amplifié cette dynamique baissière.
Depuis 2020, les flux annuels de prêts chinois vers l’Afrique oscillent autour de 2 milliards de dollars, selon les données du Centre de politique de développement mondial de l’Université de Boston. Cette tendance traduit une réévaluation des risques par les banques chinoises, confrontées à des retards de remboursement et à des processus de restructuration de la dette dans plusieurs pays emprunteurs.
Du côté africain, les marges de manœuvre budgétaires se sont réduites. Les chocs post-pandémiques, la hausse des taux d’intérêt et l’alourdissement du service de la dette limitent la capacité de nombreux États à contracter de nouveaux financements extérieurs, en particulier pour des projets d’infrastructures lourds.
Face à ces contraintes, Pékin privilégie désormais des engagements plus ciblés, souvent concentrés sur des secteurs stratégiques. Les établissements de crédit chinois cherchent à préserver la solidité de leurs bilans et à éviter l’accumulation de créances douteuses, marquant ainsi une rupture avec l’ère des prêts massifs qui a longtemps structuré la relation financière sino-africaine.
Durandeau



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