Au Burkina Faso, un groupe émirati va construire une centrale thermique de 200 MW
Un groupe basé aux Émirats arabes unis a annoncé le lancement d’un projet de centrale thermique de 200 mégawatts au Burkina Faso, illustrant la montée en puissance des investissements du Golfe dans le secteur énergétique en Afrique de l’Ouest.
L’entreprise Mark Cables FZE a officialisé lundi son entrée sur le marché burkinabè de l’électricité avec la construction d’une centrale thermique d’une capacité de 200 MW, pour un investissement estimé à 180 millions d’euros.
Ce projet s’inscrit dans un contexte de forte pression sur l’approvisionnement énergétique du Burkina Faso, confronté à une demande croissante liée à l’urbanisation, à l’industrialisation et aux besoins des secteurs miniers. Il vise également à renforcer les capacités de production électrique nationales, encore largement dépendantes des importations régionales.
Selon Mark Cables, cette centrale « confirme l’ambition du groupe de devenir un acteur incontournable de l’infrastructure électrique en Afrique de l’Ouest », une région où les déficits énergétiques constituent un frein majeur au développement économique.
Le projet burkinabè s’insère dans les mécanismes régionaux du Système d’échange d’énergie électrique ouest-africain (WAPP), un marché commun de l’électricité regroupant 14 pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). À travers cette initiative, Mark Cables entend se positionner comme un fournisseur régional et participer activement aux échanges transfrontaliers d’électricité.
La centrale thermique devrait ainsi contribuer à améliorer la stabilité du réseau, tout en offrant des capacités supplémentaires au marché régional, régulièrement confronté à des déficits de production et à des coupures d’électricité.
Une présence émiratie de plus en plus marquée en Afrique
Ce nouveau projet illustre l’intensification de la présence économique et diplomatique des Émirats arabes unis sur le continent africain. Depuis plusieurs années, Abu Dhabi conjugue diplomatie active et investissements massifs, portés à la fois par des entreprises privées et par des instruments d’aide au développement.
Selon des données compilées par le Trésor public français, les Émirats arabes unis ont investi environ 110 milliards de dollars en Afrique entre 2019 et 2023, devenant le premier investisseur étranger sur le continent, devant la Chine.
Les financements émiratis ciblent principalement des pays confrontés à des contraintes budgétaires importantes, et portent sur des projets d’infrastructures stratégiques, notamment dans les secteurs de l’énergie, des ports, des transports et des matières premières, en particulier dans le centre et la Corne de l’Afrique.
Lors du sommet du G20 en novembre, les Émirats ont par ailleurs annoncé un engagement d’un milliard de dollars pour le développement de l’intelligence artificielle en Afrique, illustrant leur volonté de s’imposer aussi sur des segments technologiques émergents.
Le même mois, Abu Dhabi a signé une quarantaine d’accords d’un montant total supérieur à six milliards de dollars avec le Tchad, tandis qu’en août, 44 accords évalués à 6,5 milliards de dollars ont été conclus avec l’Angola lors d’une visite officielle du président émirati, cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane.
Si cette stratégie d’investissement confère aux Émirats une influence croissante, elle s’accompagne aussi de controverses. Au Soudan, en guerre depuis 2023, Abu Dhabi est accusé de soutenir les paramilitaires des Forces de soutien rapide, une accusation que les autorités émiraties rejettent.
Au Burkina Faso, le projet de centrale thermique est avant tout perçu comme un levier potentiel de renforcement de la sécurité énergétique, dans un pays où l’accès fiable à l’électricité demeure un enjeu économique et social majeur.
Si vous le souhaitez, je peux resserrer le papier autour de 450 mots, durcir l’angle géopolitique, ou au contraire mettre davantage l’accent sur les besoins énergétiques du Burkina Faso.
Durandeau



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