Pourquoi la Côte d’Ivoire a fixé le prix de la noix de cajou à 400 FCFA le kilo pour la campagne 2026
À Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire, l’annonce était très attendue par les producteurs. Réunis à l’occasion des Journées nationales du producteur de coton, d’anacarde et de karité (JNPCA), les acteurs de la filière ont pris connaissance du nouveau prix bord champ de la noix de cajou. Pour la campagne 2026, le kilogramme est fixé à 400 FCFA, contre 425 FCFA l’an dernier.
C’est le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, qui a fait l’annonce, vendredi 6 février, en présence du Premier ministre Robert Beugré Mambé. « Le prix bord champ plancher pour la campagne cajou 2026, de la noix séchée et bien triée, est fixé à 400 FCFA le kilogramme », a-t-il déclaré.
Un contexte international jugé défavorable
Premier producteur mondial de noix de cajou brutes, la Côte d’Ivoire subit de plein fouet les évolutions du marché international. Selon le ministre de l’Agriculture, le secteur traverse actuellement une période délicate. En cause notamment, le ralentissement de la demande mondiale et les mesures tarifaires imposées par les États-Unis, l’un des principaux marchés pour les produits transformés de l’anacarde.
Autre facteur mis en avant par le gouvernement : l’évolution du taux de change. Le dollar, monnaie de référence pour les échanges internationaux, est passé d’environ 620 FCFA à 565 FCFA, son niveau le plus bas depuis 2017, réduisant mécaniquement les recettes à l’exportation.
« Dans ce contexte, la fixation d’un prix prudent s’imposait, mais nous avons voulu un prix protecteur des revenus des producteurs », a assuré Bruno Nabagné Koné.
Une baisse limitée, mais un prix révisable
La baisse annoncée reste toutefois contenue. Le prix de 400 FCFA s’inscrit dans une dynamique marquée par de fortes fluctuations ces dernières années. Il était de 425 FCFA en 2025, 275 FCFA en 2024 et 315 FCFA en 2023. Sur les sept dernières campagnes, les prix ont oscillé entre 275 et 425 FCFA le kilogramme.
Pour rassurer les producteurs, le ministre a précisé que le prix est révisable. Une évaluation sera faite « fin avril », afin de voir s’il est possible d’ajuster le tarif en fonction de l’évolution du marché mondial.
Appel à la vigilance sur le terrain
De son côté, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a insisté sur le respect strict du prix fixé par l’État. Il a appelé l’ensemble des acteurs de la filière à la discipline et demandé au Conseil coton, anacarde et karité de renforcer sa vigilance sur le terrain, afin d’éviter les achats en dessous du prix officiel.
Les autorités ont rappelé l’importance de la transformation locale de l’anacarde, un enjeu central pour accroître la valeur ajoutée et créer des emplois. Le gouvernement met en avant les réformes engagées ces dernières années pour structurer les filières coton et cajou et améliorer leur performance.
Les Journées nationales du producteur se veulent aussi un moment de reconnaissance. « Cette rencontre traduit la reconnaissance de la Nation envers nos vaillants producteurs, piliers de l’économie ivoirienne », a souligné le ministre, saluant l’engagement des équipes du Conseil coton, anacarde et karité.
Dans un environnement économique incertain, la campagne cajou 2026 débute donc sous le signe de la prudence, avec l’espoir, pour les producteurs, d’une amélioration des conditions de marché dans les mois à venir.
Durandeau



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