Ghana : la corruption coûte près de 3 milliards de dollars par an, selon une coalition anticorruption
La corruption coûte environ 3 milliards de dollars par an au Ghana, soit l’équivalent de deux fois les investissements directs étrangers annuels du pays, estimés à 1,5 milliard de dollars, selon la Ghana Anti-Corruption Coalition (GACC).
Ce poids économique continue d’alimenter les initiatives de prévention et de sensibilisation portées par les institutions publiques. Dans ce contexte, la Commission nationale pour l’éducation civique (NCCE) a récemment mené une action de sensibilisation à la lutte contre la corruption auprès d’élèves des écoles primaires publiques Hobor M/A et Kwaku Panfo M/A, dans la circonscription de Domeabra-Obom, dans le sud du pays.
Institution constitutionnelle indépendante et non partisane, la NCCE a indiqué que cette initiative vise à renforcer la compréhension des mécanismes de la corruption dès le plus jeune âge, dans un pays où les pertes financières liées à ce phénomène affectent durablement les capacités de financement du développement.
Les séances ont porté sur la définition de la corruption comme l’abus d’un pouvoir confié à des fins personnelles, ainsi que sur ses principales formes, notamment la corruption active et passive, la fraude, l’extorsion, le népotisme, le favoritisme et les conflits d’intérêts. Les élèves ont également été sensibilisés aux manifestations de la corruption dans la vie scolaire, telles que la fraude aux examens, l’intimidation ou l’appropriation forcée de biens.
Selon la NCCE, la corruption prive les communautés de ressources destinées aux infrastructures, aux services sociaux et à l’éducation, touchant de manière disproportionnée les populations pauvres et vulnérables. L’institution souligne que la prévention, en complément des mécanismes répressifs, constitue un levier essentiel pour réduire ces pertes économiques.
Cette action s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement de l’État de droit et lutte contre la corruption au Ghana », lancé en mars 2025 par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Doté d’un financement de 12,7 millions d’euros et mis en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) sur une période de trois ans, le projet vise à renforcer les capacités des institutions judiciaires et policières et à améliorer la coordination des acteurs de la lutte anticorruption.
Les autorités et leurs partenaires estiment que la réduction durable du coût économique de la corruption passe à la fois par le renforcement des institutions, la mobilisation de la société civile et l’éducation civique des jeunes générations.



Laisser un commentaire