Côte d’Ivoire : les aviculteurs n’appellent pas à augmenter le prix du poulet malgré la TVA à 9 %
En Côte d’Ivoire, l’Association nationale des aviculteurs modestes (Anam-CI) a assuré ne donner aucune consigne de hausse du prix du poulet, malgré l’instauration d’une TVA de 9 % sur les intrants et aliments de l’élevage, privilégiant le plaidoyer pour une suppression totale de la taxe.
Les aviculteurs ivoiriens n’appellent pas à augmenter le prix du poulet après la mise en place d’une TVA à 9 % sur les intrants et aliments du secteur, a affirmé l’Association nationale des aviculteurs modestes de Côte d’Ivoire (Anam-CI) dans un communiqué.
« En tant qu’association nationale d’éleveurs, nous ne donnons aucune consigne d’augmentation du prix du poulet à nos membres », a indiqué l’Anam-CI, après de nombreuses interpellations de ses adhérents et du grand public sur l’évolution des prix.
L’organisation a salué la décision de l’État de ramener le taux de TVA de 18 % à 9 %, y voyant « une avancée » et « une volonté des autorités de tenir compte des réalités du secteur ». Elle a exprimé sa « reconnaissance » au gouvernement pour avoir répondu au « cri de cœur des éleveurs ».
Mais cette mesure reste insuffisante aux yeux des professionnels. « Cette décision, bien qu’importante, ne nous satisfait pas encore pleinement », a souligné l’association, qui plaide pour une suppression totale de la taxe.
Selon l’Anam-CI, la priorité n’est pas la hausse des prix, mais la préservation du pouvoir d’achat des ménages. Le poulet demeure « la protéine animale la plus accessible pour la majorité de la population », rappelle-t-elle, insistant sur la « dimension sociale » de la volaille.
L’association dit privilégier le dialogue avec les autorités. « Notre option première reste le plaidoyer », affirme-t-elle, assurant faire confiance à la capacité d’écoute et d’arbitrage de l’État, au bénéfice à la fois des producteurs et des consommateurs.
Les éleveurs expliquent qu’ils s’attendaient cette année à des mesures d’accompagnement, notamment un appui financier, des programmes de formation, un soutien en matériel et une modernisation du secteur avicole. Ils évoquent aussi le besoin d’un renforcement de l’encadrement technique et de l’information.
« Or, au lieu de ces accompagnements attendus, une taxe leur est appliquée, même si elle a été réduite », regrette l’Anam-CI, qui insiste sur le fait que son combat « ne vise pas à renchérir le prix du poulet ».
L’organisation met également en garde contre les conséquences d’une hausse des prix. Une augmentation pousserait, selon elle, de nombreux consommateurs à se détourner de la protéine avicole au profit d’autres sources, réduisant la consommation locale et fragilisant davantage la filière.
Elle redoute aussi une hausse des importations de produits avicoles « de qualité douteuse », avec des risques pour la santé publique et un impact négatif sur la production nationale. « Ces conséquences ne sont souhaitables ni pour l’État, ni pour les consommateurs, ni pour l’économie nationale », affirme le communiqué.
La filière avicole représente un poids social important en Côte d’Ivoire. D’après des données officielles citées par l’Anam-CI, plus de 320 000 personnes vivent directement ou indirectement de ce secteur, faisant vivre des familles entières.
Toute décision défavorable à la filière a donc, selon l’association, un impact direct sur l’emploi, le pouvoir d’achat, la stabilité sociale et la confiance envers les institutions.

En conclusion, l’Anam-CI réaffirme qu’elle n’appelle pas à l’augmentation du prix du poulet, mais poursuit son plaidoyer pour la suppression totale de la TVA sur les intrants et aliments de l’élevage, ainsi que pour un accompagnement « durable et structurant » des éleveurs.
L’association invite l’interprofession, les associations de consommateurs, les députés et les leaders d’opinion à se joindre à ce plaidoyer, présenté comme une cause « sociale et nationale ».
Durandeau



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