Burkina Faso : une start-up veut faire des Africains les financeurs du développement du continent
Offrir aux Africains la possibilité d’investir directement dans des projets de développement sur leur continent, c’est l’ambition de Batiana Nacro, fondateur de Terra Biga, première plateforme burkinabè de financement participatif dédiée aux infrastructures et aux initiatives à fort impact social et économique.
Lancée en 2020, la plateforme s’adresse aux citoyens, à la diaspora et aux organisations souhaitant contribuer à des projets locaux dans des secteurs clés comme la santé, l’éducation, l’agriculture, l’énergie ou l’immobilier. Selon Batiana Nacro, diplômé en droit, économie et gestion et ancien analyste financier à Londres, l’objectif est de permettre aux Africains de mutualiser leurs ressources pour financer des projets structurants, sans dépendre exclusivement des financements étrangers.
L’idée de Terra Biga est née d’un constat alarmant : les pays en développement devront mobiliser près de 1 500 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour combler leurs déficits en infrastructures, selon la Banque mondiale. Face à ce défi, Batiana Nacro a vu dans le financement participatif une alternative locale pour répondre aux besoins de développement et au désengagement progressif de certains bailleurs internationaux, à l’instar de l’USAID.
L’initiative a rapidement attiré l’attention des institutions internationales. En 2024, Terra Biga a signé un Mémorandum d’Entente avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) afin de promouvoir les mécanismes de financement alternatifs.
De cette collaboration est née la campagne #TousEnsemblePourTibga, menée avec l’architecte germano-burkinabè Francis Kéré, lauréat du prix Pritzker, qui a permis de mobiliser près de 12 000 euros auprès de 500 contributeurs et de bénéficier directement à environ 50 000 personnes.
D’ici 2026, Batiana Nacro prévoit d’intégrer une centaine de projets sur sa plateforme, portés par des acteurs publics, privés et institutionnels, et ambitionne de déployer Terra Biga dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), avant d’étendre son modèle à toute l’Afrique de l’Ouest puis au continent entier.
Durandeau



Laisser un commentaire