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Tchad : à 27 ans, Valery Kagro veut bancariser les étudiants africains

Transformer la manière dont les étudiants africains financent leurs études, c’est le pari de Valery Kagro, un jeune ingénieur tchadien de 27 ans. Avec sa startup PayiSkoul, il veut ouvrir la voie à une génération d’apprenants connectés et bancarisés grâce à l’intelligence artificielle.

Née d’un constat simple, la difficulté persistante des familles à payer les frais de scolarité, PayiSkoul se présente comme une néobanque éducative, accessible depuis un téléphone portable. L’application permet aux parents et aux étudiants de régler les frais de scolarité de manière flexible, d’accéder à de petits crédits pour financer un trimestre ou un logement, et de centraliser les transactions liées à la vie scolaire, révèle dpa après un entretien avec le concepteur.

La finance au service de l’éducation

« Chaque année, 72 % des familles peinent à payer les frais de scolarité à temps et près de 38 % des abandons scolaires sont liés à des contraintes financières », observe Valery Kagro. Confronté très tôt à cette réalité, il a voulu proposer une alternative aux circuits bancaires traditionnels, jugés trop rigides et inaccessibles pour la majorité des foyers africains.

« Ce n’est pas un manque de volonté, mais un vide dans l’offre financière. Les banques classiques ne sont pas conçues pour accompagner les étudiants ni les établissements scolaires », souligne-t-il.

Un portefeuille intelligent et des crédits instantanés

Grâce à l’automatisation et à l’intelligence artificielle, PayiSkoul veut simplifier les flux financiers dans le secteur éducatif. Les écoles peuvent y digitaliser leurs encaissements, réduire les impayés et suivre les paiements en temps réel. Les étudiants, eux, disposent d’un portefeuille électronique intelligent qui leur permet de payer leurs frais, leur transport ou leur logement.

« Notre objectif est de créer une expérience fluide, où chaque étudiant peut gérer son parcours éducatif sans se soucier des barrières financières », résume le fondateur.

Objectif : 100 000 étudiants bancarisés d’ici 2026

Encore à ses débuts, la néobanque a déjà séduit plusieurs établissements partenaires et permis à des centaines d’étudiants d’accéder à des services financiers jusque-là hors de portée. L’ambition de Valery Kagro est claire : bancariser 100 000 étudiants d’ici fin 2026.

Pour accélérer le déploiement de la plateforme, l’entrepreneur prévoit une levée de fonds dans les prochains mois. Il veut faire du Tchad un point d’ancrage pour étendre ses services à d’autres pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. « PayiSkoul n’est pas qu’un outil de paiement, c’est un levier d’inclusion et d’espoir », estime-t-il.

Durandeau

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