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ENCADRANT À L’HONNEUR-LIONEL KOUAMÉ, DG et coach à la FIA:« Je rêve de voir mes athlètes briller sur les plus grandes scènes internationales »

Ancien champion de Côte d’Ivoire du 400 m, Lionel Kouamé incarne aujourd’hui la nouvelle génération de techniciens de l’athlétisme ivoirien. Humble, discret et rigoureux, celui que l’on surnomme « LEO » a rangé les pointes pour se consacrer pleinement au coaching et à la structuration de la discipline. Récemment nommé Directeur Général de la Fédération Ivoirienne d’Athlétisme (FIA), il revient, dans cette interview exclusive accordée StarterNews, sur son parcours, sa vision et ses grandes ambitions.

Pouvez-vous retracer les grandes lignes de votre carrière d’athlète ?

J’ai commencé l’athlétisme relativement tard, à 21 ans. J’évoluais sur les épreuves de sprint : 100 m (10’’5), 200 m (21’’10) et 400 m (47’’90), qui est rapidement devenue ma distance de prédilection.
En 2017, j’ai intégré l’équipe nationale à l’occasion des Jeux de la Francophonie, une première expérience internationale très marquante. L’année suivante, en 2018, je suis devenu champion de Côte d’Ivoire du 400 m.
Par la suite, j’ai eu l’opportunité de poursuivre ma carrière en France, où j’ai remporté plusieurs médailles lors des championnats départementaux avec l’ASFI Villejuif, un club avec lequel je garde d’excellentes relations.
J’ai mis fin à ma carrière d’athlète entre 2022 et 2023, principalement par manque de temps lié à mes obligations professionnelles, mais aussi parce que j’avais déjà bien entamé ma carrière d’entraîneur depuis 2020.

Comment est née votre passion pour le coaching ?

Elle est née avant tout de mon goût pour la transmission et le partage. J’ai toujours aimé accompagner, expliquer et aider les autres à progresser. Mais il y a surtout mon amour profond pour l’athlétisme.Ayant débuté tard, je n’ai pas pu atteindre le niveau que j’espérais en tant qu’athlète. Plutôt que d’en faire une frustration, j’en ai fait une motivation. Je me suis dit que mon vécu, mes connaissances et mon expérience pouvaient permettre à de jeunes athlètes d’aller bien plus loin que moi.Le coaching est alors devenu une évidence : aider les jeunes à croire en leurs rêves, les accompagner vers la performance, décrocher des médailles, mais aussi leur offrir des opportunités, y compris à l’international. Pour moi, le sport est un puissant outil d’éducation, de discipline et de construction humaine. Mon objectif est de former non seulement de bons athlètes, mais aussi des femmes et des hommes solides.

Quel est votre parcours académique pour y arriver?

Je suis un pur produit du système national. Après le baccalauréat, j’ai entamé deux années en sciences économiques avant de me réorienter vers l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS), où j’ai obtenu un CAPES en professorat de sport après cinq années d’études.
Parallèlement, j’ai suivi mes premières formations d’entraîneur avec la Fédération Ivoirienne d’Athlétisme, puis plusieurs autres formations spécialisées. Je suis également diplômé de l’université de Leipzig (ITK) en sciences du sport, option athlétisme, avec la mention très bien.J’ai aussi bénéficié de formations d’entraîneur jeunes et Kids Athletics, notamment en France et à Dakar. Depuis 2020, j’exerce comme Directeur Technique National adjoint et entraîneur au pôle régional d’athlétisme d’Abidjan. Récemment, j’ai été nommé Directeur Général de la Fédération.

Comment abordez-vous cette nouvelle fonction de Directeur Général ?

Je tiens d’abord à exprimer ma profonde gratitude au président Jeannot Kouadio Kouamé et à l’ensemble du comité directeur pour la confiance accordée. J’aborde cette fonction avec beaucoup d’humilité, mais aussi une grande détermination.
Ma mission est de contribuer à la structuration, à la modernisation et à la professionnalisation de la fédération afin d’offrir aux athlètes et aux encadreurs un environnement favorable à l’excellence. Les défis sont nombreux : gouvernance, formation, détection des talents, optimisation des ressources et développement de partenariats solides, tant au niveau national qu’international.Avec une vision claire et un esprit d’équipe fort, je suis convaincu que l’athlétisme ivoirien peut franchir un nouveau cap et s’imposer durablement sur la scène africaine et mondiale.

Vous faites partie des jeunes coachs les plus en vue du moment. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est avant tout un sentiment de reconnaissance et de gratitude. Le travail de l’entraîneur est souvent discret, parfois dans l’ombre. Voir les résultats et l’évolution des athlètes est une immense satisfaction.Au-delà des performances, ce qui me touche le plus, c’est la progression globale des athlètes : leur confiance, leur discipline et leur maturité. J’ai également la chance d’évoluer au sein d’un groupe d’entraîneurs passionnés et solidaires, avec qui nous partageons idées et expériences. Cette dynamique collective est essentielle.

Quelles sont vos plus grandes satisfactions en tant qu’entraîneur ?

Ma plus grande fierté aujourd’hui est la jeune athlète Bogui Aude. En seulement deux années de pratique, elle a déjà atteint un excellent niveau et a participé aux Championnats du monde de relais avec l’équipe nationale la saison dernière.
Mais au-delà des résultats sportifs, je suis particulièrement fier de son parcours personnel. Elle a obtenu son baccalauréat et a été admise au concours de l’INJS. C’est la preuve que le sport peut être un véritable levier de réussite globale. D’autres jeunes très talentueux sont également en progression, et je suis convaincu que cette saison les mettra en lumière.

Quelle est votre plus grande ambition dans l’entraînement ?

Mon ambition est de voir mes athlètes présents et performants sur les plus grandes scènes internationales :Championnats du monde, Jeux olympiques, meetings de la Diamond League.L’objectif est de décrocher des médailles et de faire rayonner la Côte d’Ivoire.Mais la réussite ne se limite pas aux podiums. Je souhaite aussi que mes athlètes puissent vivre dignement de leur sport, obtenir des contrats et une reconnaissance professionnelle. Pour moi, la vraie réussite, c’est quand la performance sportive va de pair avec la réussite humaine.

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