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CAN 2025 – La Côte d’Ivoire face au défi égyptien : briser enfin la malédiction en quarts ?

À chaque Coupe d’Afrique des nations ou presque, l’histoire finit par les réunir. La Côte d’Ivoire et l’Égypte vont se retrouver en quarts de finale de la CAN 2025 pour une douzième confrontation dans l’histoire de la compétition, un record absolu. Plus qu’un simple choc entre deux géants du football africain, ce rendez-vous ravive une rivalité lourde de symboles, de souvenirs douloureux et d’un passé souvent défavorable aux Éléphants.

Sur le papier, l’affiche a tout d’un classique. Sur le plan historique, elle ressemble à une épreuve. En phase à élimination directe de la CAN, l’Égypte a toujours su faire plier la Côte d’Ivoire. Cinq confrontations couperets, cinq qualifications égyptiennes. Trois d’entre elles se sont jouées aux tirs au but, au terme de duels irrespirables, laissant chez les Ivoiriens le sentiment persistant d’un rendez-vous manqué, d’un plafond de verre jamais brisé face aux Pharaons.

Cette domination psychologique, patiemment construite par l’Égypte au fil des décennies, nourrit aujourd’hui encore l’idée d’une “malédiction égyptienne”. Des générations ivoiriennes se sont heurtées à cette muraille, parfois au sommet de leur art, souvent à quelques minutes ou quelques penalties d’une qualification historique.

Mais le contexte de cette CAN 2025 apporte une nuance nouvelle. Les Éléphants arrivent en quarts avec un statut particulier : celui de tenant du titre encore en lice à ce stade de la compétition. Une performance rare, presque symbolique, puisque la dernière nation à avoir réussi cet exploit n’est autre que… l’Égypte en 2010. Un clin d’œil de l’histoire qui donne à ce quart de finale une saveur presque cyclique.

Sur le terrain, la Côte d’Ivoire semble plus solide, plus mature, portée par un collectif qui a su se renforcer au fil du tournoi. L’équipe a montré une capacité à souffrir, à s’adapter, mais aussi à répondre dans les moments clés, là où elle a parfois vacillé par le passé. L’enjeu sera autant mental que tactique : rester fidèle à son jeu sans se laisser enfermer par le poids de l’histoire.

En face, l’Égypte avance avec ses certitudes. Même sans toujours briller dans le jeu, les Pharaons restent fidèles à leur ADN : discipline, gestion des temps faibles, efficacité dans les matchs à enjeu. Leur expérience des grands rendez-vous africains continue de faire la différence, surtout lorsque les marges se réduisent et que la pression monte.

Ce quart de finale s’annonce donc comme un duel de nerfs, presque un combat de mémoires. Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu dépasse la simple qualification. Il s’agit de tourner une page, de transformer un passé contraignant en moteur, et de prouver que cette génération peut écrire une histoire différente face à l’adversaire qui lui a le plus résisté.

Rivalité mythique, passé lourd, enjeu immense : ce Côte d’Ivoire–Égypte incarne ce que la CAN offre de plus intense. Reste à savoir si, cette fois, les Éléphants sauront enfin vaincre leurs démons… ou si la malédiction égyptienne continuera de hanter leur route.

Durandeau

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