Côte d’Ivoire/cacao : les producteurs alertent sur de graves difficultés de commercialisation
Les producteurs ivoiriens de cacao font face à de sérieuses difficultés dans l’écoulement de leurs fèves, a alerté mercredi le Syndicat national des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (Synapci), évoquant des blocages dans le processus de commercialisation.
« L’heure est grave pour les producteurs de café et cacao sur le terrain », a déclaré le président national du Synapci, Koné Moussa, lors d’une conférence de presse à Abidjan, affirmant que ses délégués lui faisaient régulièrement remonter des informations alarmantes sur les contraintes rencontrées dans la vente du cacao.
Selon le syndicat, le système mis en place par le Conseil café-cacao (CCC) empêcherait actuellement les coopératives et les exportateurs de tirer les connaissements, bloquant ainsi l’acheminement du cacao, aussi bien à Abidjan qu’au port de San Pedro. Le Synapci indique avoir rencontré le directeur général du Conseil « vendredi dernier », qui aurait promis des diligences pour régler la situation.
Cependant, les exportateurs auraient fait savoir au syndicat que le Conseil avait déjà procédé à la vente anticipée de 900.000 tonnes de cacao à un moment où les prix étaient en hausse sur le marché mondial. Cette opération aurait permis de dégager d’importants profits, mais ceux-ci ne se seraient pas traduits par une amélioration du prix payé aux producteurs pour la campagne 2025-2026.
Le syndicat explique que la chute ultérieure des cours internationaux a entraîné des demandes de renégociation des contrats, contribuant à ralentir le dispositif de commercialisation. Dans ce contexte, « on constate la lenteur dans le processus de validation des connaissements par le Conseil », selon le Synapci.
À ce jour, plus de 3.000 connaissements seraient en attente de validation, représentant environ 120.000 tonnes de cacao immobilisées, à raison de 40 tonnes par camion, a précisé le président du syndicat.
À l’issue d’une enquête menée par ses soins, le Synapci affirme qu’après la vente des 900.000 tonnes, le système aurait été « verrouillé » et que les ventes ont été étalées jusqu’au mois de mars, dans l’attente de la fixation d’un nouveau prix pour la campagne intermédiaire. Cette situation empêcherait les producteurs de bénéficier du prix de 2.800 FCFA le kilogramme.
Face à ces difficultés de commercialisation, le syndicat appelle les producteurs à se mobiliser et à collaborer avec ses représentants, accompagnés de commissaires de justice, pour procéder à des constats d’usage sur le terrain à la fin du mois de décembre, afin d’évaluer les volumes encore invendus.
Le Synapci estime que la filière risque de revivre une crise comparable à celle de la campagne 2016-2017, marquée par une mévente ayant lourdement pénalisé les producteurs.
Durandeau



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