Côte d’Ivoire : lancement de la 35ᵉ édition des « 16 jours d’activisme » contre les violences faites aux femmes
À Koumassi, le coup d’envoi national de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles mettra cette année l’accent sur la montée des violences numériques et la lutte contre les féminicides.
Mardi, l’espace Agora de Koumassi servira de scène au lancement officiel d’une mobilisation qui, du 25 novembre au 10 décembre, vise à rappeler que les atteintes aux droits des femmes se manifestent aujourd’hui aussi bien dans l’espace public que sur Internet. Pour les organisateurs, il s’agit de transformer une prise de conscience ponctuelle en actions concrètes et durables.
La campagne 2025, portée par le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant avec le concours d’ONG et de partenaires locaux, mise sur une panoplie d’activités : séances de sensibilisation dans les quartiers, ateliers de renforcement des capacités pour les acteurs de terrain, dialogues communautaires et plaidoyers auprès des autorités locales. Objectif affiché : améliorer la prévention, renforcer la protection des victimes et faciliter leur prise en charge.
Au-delà des problématiques classiques, mutilations génitales féminines, mariages précoces, violences conjugales et agressions sexuelles, les organisateurs entendent pointer la prévalence croissante du harcèlement en ligne, du chantage et des atteintes à l’image des femmes. « Prévenir, protéger, dénoncer » reste le fil conducteur des interventions prévues à Koumassi, où responsables communautaires et acteurs politiques sont appelés à se mobiliser aux côtés des associations.La 35ᵉ édition des « 16 jours » est perçue par les défenseurs des droits des femmes comme une fenêtre d’opportunité pour pousser des réformes et obtenir davantage de moyens pour les centres d’accueil et les services juridiques. Ces derniers soulignent la nécessité de traduire les engagements en politiques publiques effectives afin de combattre l’impunité, qui alimente la répétition des violences.En lançant cette campagne, l’État et ses partenaires réaffirment leur volonté de bâtir « un environnement où les femmes et les filles sont protégées, en ligne comme hors ligne ». Reste à transformer la rhétorique en dispositifs opérationnels sur le terrain, condition sine qua non pour rompre le cycle des violences et garantir le respect des droits fondamentaux.
Durandeau



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