LCOY 2026 : Aboisso devient le cœur de la mobilisation climatique de la jeunesse ivoirienne
La jeunesse ivoirienne veut désormais faire entendre sa voix depuis les territoires. Organisée à Aboisso, dans la région du Sud-Comoé, la Conférence locale des jeunes sur le climat (LCOY Côte d’Ivoire 2026) entend placer les réalités locales au cœur des réflexions sur le changement climatique. Pour Mohamed RAIMI, président de l’association Nature Verte, structure organisatrice de l’événement, cette édition marque une nouvelle étape dans la mobilisation climatique des jeunes.
La LCOY 2026 se déroulera autour de trois journées consacrées successivement au diagnostic, au plaidoyer et à l’engagement. La première journée sera consacrée à l’ancrage institutionnel et au diagnostic territorial, avec notamment l’ouverture officielle, un panel ministériel et la présentation d’une cartographie sociale du climat dans les territoires.
La deuxième journée sera consacrée à plusieurs enjeux prioritaires. Les participants échangeront notamment sur la préservation de la biodiversité côtière et des mangroves, à travers l’exemple de la Tanoé-Ehy, mais aussi sur l’agriculture résiliente, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), ainsi que le lien entre climat, genre et protection des populations vulnérables. Le Réseau des journalistes ivoiriens contre la Crise Climatique et Environnementale dirigé par Elvis Gouza prendra une part effectif à cet évènement.
La troisième journée sera consacrée à la restitution et à l’engagement politique. Les jeunes procéderont à l’harmonisation et à l’adoption de la Déclaration nationale de la jeunesse ivoirienne pour le climat. Sa signature solennelle doit permettre de porter officiellement les recommandations des jeunes lors de la RCOY Afrique et de la COP31.
Le choix d’Aboisso n’est pas fortuit. Il traduit, selon Mohamed RAIMI, la volonté de décentraliser l’action climatique. « Les impacts du dérèglement climatique se vivent sur le terrain », souligne-t-il. Le Sud-Comoé concentre en effet plusieurs défis, notamment la protection des mangroves, la sauvegarde de la forêt sacrée de Tanoé-Ehy, l’érosion côtière entre Grand-Bassam et Adiaké et la transition vers une agriculture durable.
L’organisation des travaux à l’INFAS d’Aboisso constitue également un choix stratégique, en associant la jeunesse scientifique aux réflexions sur les liens entre climat, environnement et santé publique.
Pour Nature Verte, la jeunesse n’est plus seulement l’avenir de l’action climatique. Elle en est déjà le moteur, à travers les initiatives locales, l’innovation, l’agroécologie, le recyclage, l’économie circulaire et les propositions politiques. La LCOY 2026 veut ainsi transformer l’engagement des jeunes en actions concrètes et en plaidoyer pour une transition écologique juste et inclusive.



Laisser un commentaire