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𝐋𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐏𝐑𝐅-𝐆𝐎𝐇-𝐥𝐞 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐁𝐫𝐮𝐧𝐨 𝐊𝐎𝐍É 𝐚𝐮𝐱 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 : « 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐮𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐲𝐬𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐞𝐬𝐭𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 ê𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐢𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢é𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬é𝐜𝐮𝐫𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐢𝐞𝐫𝐬 »
𝐋𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐏𝐑𝐅-𝐆𝐎𝐇-𝐥𝐞 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐁𝐫𝐮𝐧𝐨 𝐊𝐎𝐍É 𝐚𝐮𝐱 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 : « 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐮𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐲𝐬𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐞𝐬𝐭𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 ê𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐢𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢é𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬é𝐜𝐮𝐫𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐢𝐞𝐫𝐬 »

Marie-Laure N’Goran : « Il est essentiel de rapprocher la diplomatie des citoyens »

Nouvellement élue à la tête de la faitière nationale des journalistes ivoiriens (UNJCI), Marie-Laure N’Goran s’active déjà au rayonnement de l’image de la corporation. Mais au-delà, elle vise la promotion de l’image de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale. La rédaction du Bulletin Diplomatique l’a rencontré à Abidjan à quelques jours de son investiture.

Comment comptez-vous mobiliser les journalistes pour accompagner la promotion de l’image du pays au-delà des frontières ivoiriennes ?

Mon élection intervient dans un contexte d’ouverture internationale accrue pour la Côte d’Ivoire. Le fait d’être la première femme à la tête de l’UNJCI après plus de trente-cinq années d’existence, et issue de l’audiovisuel, est un marqueur historique. Mais je le redis avec conviction : au-delà du symbole, c’est une responsabilité. Je crois à une diplomatie médiatique moderne. Notre mission reste d’informer avec indépendance, rigueur et professionnalisme. Mais lorsque nous exerçons notre métier avec exigence, nous contribuons aussi à faire connaître les réussites de notre pays, à renforcer la compréhension entre les peuples et à valoriser les opportunités qu’offre la Côte d’Ivoire.

Notre action reposera sur trois piliers : la formation, l’ouverture internationale et la coopération professionnelle.

Cette vision est déjà au cœur de mon engagement à travers les Marielordivoire, une initiative que nous portons depuis quatre ans avec des consœurs et confrères journalistes pour promouvoir la destination Côte d’Ivoire, sa diaspora et ses talents à travers le monde. Je mettrai toute cette expérience au service de l’UNJCI afin d’en faire un acteur reconnu de la coopération journalistique internationale.

Marie Laure N’Goran présidente de l’UNJCI, avec le Vice Président de la République de Côte d’Ivoire S.E.M. Tiemoko Meyliet Koné

Au niveau interne, quelles initiatives sont prévues pour accompagner les représentations diplomatiques en Côte d’Ivoire à mieux faire connaître auprès des populations les impacts de leur coopération avec la Côte d’Ivoire, et surtout consolider la paix et la cohésion entre leurs différents peuples et la Côte d’Ivoire ?

Il est essentiel de rapprocher la diplomatie des citoyens.
L’UNJCI entend renforcer le dialogue entre les journalistes et les représentations diplomatiques afin de mieux faire comprendre les actions de coopération et leurs impacts concrets sur les populations.

Dans cette dynamique, nous donnerons une nouvelle impulsion au Press Club de l’UNJCI, en y invitant régulièrement des ambassadeurs, des chefs de missions diplomatiques et des experts autour des grands enjeux internationaux et de l’actualité. Ce cadre favorisera un échange direct, utile et pédagogique entre diplomates et journalistes.

Nous souhaitons également renforcer la collaboration avec les chancelleries, afin que l’UNJCI soit davantage associée à leurs activités, dans une logique de partenariat professionnel et de circulation fiable de l’information, dans le respect de l’indépendance de la presse.

Enfin, nous encouragerons la formation, les échanges professionnels et la mobilité des journalistes entre la Côte d’Ivoire et les pays partenaires.

La presse ivoirienne est l’une des plus dynamiques et des plus professionnelles de la sous-région. Durant votre mandat, quelles seront vos grandes actions pour donner encore plus de rayonnement à ce secteur professionnel, et aux journalistes qui y évoluent ?

Notre ambition est de bâtir une UNJCI plus forte, au service des journalistes et de la profession.
Nous mettrons en place l’UNJCI Académie, qui proposera des formations pratiques, des masterclass, des ateliers spécialisés, des programmes de mentorat et des sessions consacrées aux nouveaux défis du métier, notamment le numérique, l’intelligence artificielle et la lutte contre la désinformation.

Nous organiserons également un Salon international des Médias et de l’Innovation, afin de faire de la Côte d’Ivoire un espace de réflexion et de rencontres sur l’avenir du journalisme en Afrique.

Parce qu’un journaliste bien protégé est un journaliste plus libre, nous renforcerons également les dispositifs de protection sociale et juridique de nos confrères.

Je ne souhaite pas que ce mandat soit un mandat de communication. Je veux qu’il soit un mandat de réalisations. Qu’au terme de ce mandat, chaque journaliste ivoirien puisse dire qu’il est mieux formé, mieux protégé et davantage connecté aux grandes évolutions de la profession.

Quelles sont vos relations avec les faîtières des journalistes dans les autres pays africains ? Avez-vous reçu des félicitations d’autres pays ?

Oui, et j’en suis particulièrement honorée. Depuis mon élection, j’ai reçu de nombreux messages de félicitations de confrères en Égypte, en Guinée, en France, en Belgique, en Italie, ainsi que de plusieurs partenaires institutionnels, notamment de l’Ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire. Ces témoignages dépassent ma personne. Ils traduisent l’estime dont bénéficie aujourd’hui le journalisme ivoirien.

Notre responsabilité est désormais de transformer ces marques de confiance en coopérations concrètes. Nous travaillons déjà à développer des partenariats avec les organisations professionnelles de journalistes en Norvège, qui accueillera la quatrième édition des Trophées Internationaux Marielordivoire en août 2026, mais également en Italie et dans d’autres pays.

Notre objectif est de créer un véritable réseau international de coopération journalistique, favorisant les échanges d’expériences, la mobilité professionnelle, les formations conjointes et le partage des bonnes pratiques.

Le Prix Ebony consacre aujourd’hui l’élite du journalisme ivoirien. Pensez-vous apporter de nouvelles innovations à l’organisation de ce prix pour en faire une référence africaine et même internationale ?

Le Prix Ebony est une institution. Il est la vitrine de l’excellence journalistique ivoirienne. Notre ambition est de renforcer sa dimension internationale sans en altérer l’essence. Nous souhaitons développer des partenariats avec d’autres organisations professionnelles, des écoles de journalisme et des distinctions de référence en Afrique et dans le monde.

Nous voulons également renforcer le rôle des lauréats Ebony dans la transmission des savoirs, le mentorat et la formation de la relève. C’est ainsi qu’ils deviendront une référence non seulement pour la Côte d’Ivoire, mais également pour l’Afrique. Ils porteront haut notre savoir et notre savoir-faire journalistique en tant qu’ambassadeurs.

Quel message souhaitez-vous adresser aux journalistes ivoiriens après votre élection ?

Je voudrais dire aux journalistes ivoiriens que cette élection n’est pas la victoire d’une personne. C’est celle d’une profession qui a choisi d’écrire une nouvelle page de son histoire. Cette page, nous l’écrirons ensemble, avec l’unité comme boussole, l’excellence comme exigence, l’humain comme priorité et le service comme engagement.

Quelle UNJCI souhaitez-vous construire au terme de votre mandat ?

Ma vision est de laisser une UNJCI plus forte, plus unie, plus utile et plus influente qu’elle ne l’était lorsque nous avons reçu la confiance de nos confrères. Parce que j’en suis profondément convaincue : lorsque les journalistes sont unis, mieux formés, mieux protégés et ouverts sur le monde, c’est toute la démocratie qui s’en trouve renforcée.
Rappelons que Marie-Laure N’Goran est journaliste, présentatrice vedette du Journal Télévisé de 20H sur la première chaîne nationale ivoirienne RTI. Et les amoureux du cinéma ont pu la découvrir dans le film « Le Grand Déplacement » à voir au cinéma et sur les grandes plateformes de streaming. Elle est la toute première femme à occuper le poste de Présidente de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).

Le Bulletin Diplomatique

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