Dr Paterne Dan Gondo : « Un préparateur mental devrait compter autant qu’un préparateur physique »
Le Dr Paterne Dan Gondo est enseignant-chercheur ivoirien, docteur en préparation mentale et spécialiste des mécanismes psychologiques liés à la performance sportive, à la gestion du stress et au bien-être.
Enseignant-chercheur à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS), il contribue à la formation des futurs professionnels du sport. Par l’enseignement, la recherche et la sensibilisation, il œuvre à la reconnaissance et à l’intégration de la préparation mentale dans le sport ivoirien, afin d’optimiser la performance et le potentiel des athlètes.
Qu’est-ce que la préparation mentale et quelle est son importance dans la performance sportive ?
À l’image de la préparation physique, qui vise le développement des capacités corporelles de l’athlète, la préparation mentale se concentre sur le renforcement des habiletés psychologiques nécessaires à l’optimisation de sa performance. Elle cherche également à favoriser le plaisir de la pratique sportive et à développer l’autonomie du sportif. En lui permettant de mobiliser efficacement ses compétences en situation de compétition, y compris face aux difficultés et à la pression, elle l’aide à répondre aux exigences sportives. Elle constitue ainsi un complément indispensable à l’entraînement physique, technique et tactique, et un levier essentiel de la performance.
Le mental fait-il réellement gagner des compétitions, ou permet-il simplement d’exprimer son potentiel ?
Quelles que soient les capacités physiques, techniques ou tactiques d’un athlète, elles ne suffisent pas toujours à garantir sa réussite s’il n’est pas en mesure d’exprimer pleinement son potentiel en compétition. C’est précisément là qu’intervient la préparation mentale, dont l’objectif est d’aider le sportif à mobiliser efficacement ses ressources. Elle lui permet notamment de prendre des décisions pertinentes, de maintenir son engagement malgré la fatigue ou les difficultés et de préserver sa lucidité sous forte pression.
Le mental joue ainsi un rôle déterminant dans la manière dont l’athlète exploite ses capacités au moment décisif. Par ailleurs, l’entraînement mental peut, dans certaines circonstances, repousser les limites habituelles du sportif en lui permettant d’utiliser ses ressources avec davantage d’efficacité. C’est donc un facteur important de réussite, même si la performance demeure le résultat de l’interaction de plusieurs éléments : physiques, techniques, tactiques et psychologiques.
Prenons l’exemple d’un footballeur qui tire un penalty ou d’un basketteur qui exécute un lancer franc dans les dernières secondes d’une finale. Même s’il maîtrise parfaitement son geste, sa réussite dépend aussi de sa capacité à gérer ses émotions, à maîtriser la pression et à rester concentré. La maîtrise technique, aussi importante soit-elle, doit s’accompagner d’une préparation mentale adaptée.
Pourquoi certains sportifs brillent-ils à l’entraînement, mais perdent-ils leurs moyens le jour de la compétition ?
Pour de nombreux sportifs, ces difficultés s’expliquent notamment par une mauvaise gestion des émotions et de la pression. Certains athlètes voient leurs performances diminuer au cours des matchs, non par manque de qualités physiques, techniques ou tactiques, mais en raison de leur difficulté à maîtriser le stress et à faire face aux exigences mentales de la compétition.
Il faut souligner que le contexte d’un match diffère considérablement de celui de l’entraînement. Alors que ce dernier est un cadre d’apprentissage et de perfectionnement, la compétition implique davantage d’enjeux, d’attentes et de pression liés au résultat. Cette différence peut accroître le stress, faire naître des pensées négatives et diminuer la concentration, empêchant le sportif d’exprimer son véritable potentiel.
Comment expliquer qu’une équipe domine un match, puis s’effondre psychologiquement après avoir encaissé un but ?
Ce phénomène, relativement fréquent dans le sport, s’explique par une remise en question des capacités et des ressources personnelles des joueurs après un but encaissé. Cet événement peut fragiliser leur confiance et favoriser un discours intérieur négatif. Certains joueurs interprètent le but comme un signe d’échec inévitable et finissent par croire que le match est déjà perdu, quels que soient leurs efforts.
Lorsque plusieurs joueurs d’une même équipe adoptent cette perception, il devient particulièrement difficile de renverser la situation. Les limites psychologiques qui s’installent affectent directement l’expression de leurs capacités physiques, techniques et tactiques. Sur le terrain, cela se traduit par une baisse d’engagement, une dégradation de la communication entre coéquipiers et une perte de lucidité dans la prise de décision. La cohésion collective peut alors s’affaiblir, certains joueurs étant tentés de privilégier les initiatives individuelles au détriment des consignes tactiques.
Pour prévenir ce type de situation, il est essentiel d’amener les équipes à développer des mécanismes collectifs de confiance, de résilience et de solidarité. Ces ressources mentales doivent être travaillées à l’entraînement afin de préparer les joueurs aux moments difficiles : encaisser le premier but, être mené au score, jouer en infériorité numérique à la suite d’un ou de plusieurs cartons rouges, ou subir une période de forte domination adverse. L’objectif est de permettre à l’équipe de rester mentalement mobilisée, de préserver sa cohésion et de continuer à appliquer son plan de jeu malgré l’adversité.
Comment un athlète peut-il gérer la pression du public et les critiques sur les réseaux sociaux ?
À l’ère des réseaux sociaux, la gestion de la pression médiatique est un enjeu majeur pour les athlètes de haut niveau. Ils doivent apprendre à faire face à une exposition parfois importante, aux commentaires négatifs, aux critiques et aux attaques personnelles, susceptibles d’affecter leur confiance et leur équilibre émotionnel.
Dans notre approche de préparateurs mentaux, nous amenons les sportifs à distinguer trois catégories d’éléments : ceux qu’ils peuvent contrôler, ceux sur lesquels ils peuvent exercer une influence et ceux qui échappent totalement à leur contrôle. L’objectif est de les aider à concentrer leur attention et leur énergie sur ce qu’ils maîtrisent réellement : leur engagement, leur préparation, leurs efforts, leur attitude et leur comportement en compétition. À l’inverse, ils ne peuvent pas contrôler les réactions du public, les décisions arbitrales, les émotions des autres ou les commentaires publiés sur les réseaux sociaux. Vouloir maîtriser ces éléments est une source inutile de frustration et de dispersion mentale.
La définition d’objectifs clairs est également un outil essentiel pour orienter l’attention du sportif vers ce qui est utile à sa progression. En se fixant des objectifs précis, il apprend à canaliser son énergie vers des actions concrètes sur lesquelles il peut agir. Il faut aussi l’entraîner à réorienter son attention vers des éléments constructifs lorsqu’il est confronté aux critiques, aux jugements ou à d’autres formes de négativité. Il ne s’agit pas de nier les difficultés, mais d’éviter qu’elles prennent une place excessive au détriment de sa préparation.
Enfin, un athlète peut être émotionnellement affecté par les critiques ou les attaques extérieures sans que cela soit un signe de faiblesse. C’est une réalité que nous observons régulièrement dans l’accompagnement mental des sportifs. L’objectif de la préparation mentale n’est pas de rendre l’athlète insensible, mais de lui apprendre à gérer ses émotions et à ne pas accorder son attention à tout ce qui peut perturber sa concentration. Sa performance ne se construit pas à partir des opinions des autres, mais grâce à son travail, à son engagement, à sa discipline et à sa capacité à rester focalisé sur ses objectifs. En définitive, apprendre à gérer la pression des réseaux sociaux, c’est permettre à l’athlète de reprendre le contrôle de son attention afin de préserver son énergie mentale et de la consacrer à ce qui contribue réellement à sa performance.
La préparation mentale est-elle suffisamment prise en compte dans le sport ivoirien ?
C’est une question très importante. Non, je ne le pense pas. En tant que premier docteur dans ce domaine, je m’efforce de contribuer, à mon niveau, à une meilleure reconnaissance de la préparation mentale et de son rôle dans l’optimisation de la performance. Mon objectif est de démontrer qu’aujourd’hui, la présence d’un préparateur mental au sein des staffs techniques devrait être considérée comme aussi importante que celle d’un préparateur physique.
Dans cette dynamique, j’ai organisé l’année dernière, en collaboration avec l’administration de l’INJS, un séminaire sur le thème : « La préparation mentale et la performance dans le sport ». Cette année encore, j’ai fait une communication sur le rôle capital de la préparation mentale dans le sport de haut niveau. Mon ambition est double : faire mieux connaître la préparation mentale, en expliquant ses fondements et ses méthodes, et sensibiliser les acteurs du mouvement sportif ivoirien à son importance dans la recherche de la performance.
La Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel sportif considérable, d’une forte culture de la compétition et d’athlètes capables de s’illustrer sur la scène internationale. Toutefois, le talent et la passion, aussi essentiels soient-ils, doivent s’accompagner de dispositifs d’encadrement adaptés aux exigences du sport moderne. La performance ne repose pas uniquement sur les qualités physiques, techniques et tactiques ; elle dépend aussi de la capacité du sportif à gérer ses émotions, à maintenir sa concentration, à préserver sa confiance et à mobiliser ses ressources mentales dans les moments décisifs.
À mon sens, la préparation mentale ne devrait pas intervenir uniquement après une défaite, une perte de confiance ou des difficultés dans la gestion des émotions. Elle devrait être intégrée dès les premières étapes de la formation des jeunes sportifs et se poursuivre tout au long de leur carrière. C’est une approche que j’ai pu observer dans certains clubs en France et ailleurs, où l’accompagnement mental trouve progressivement sa place dans le développement global de l’athlète.
Néanmoins, pour apprécier précisément la situation en Côte d’Ivoire, il faudrait examiner plusieurs éléments : les dispositifs mis en place par les fédérations, la présence de professionnels qualifiés au sein des staffs, les budgets consacrés à cet accompagnement et les programmes de formation destinés aux entraîneurs et aux préparateurs mentaux. Une telle analyse permettrait de mieux cerner les avancées, les insuffisances éventuelles et les actions à entreprendre.
Le véritable enjeu pour le sport ivoirien est donc de passer d’une préparation mentale ponctuelle, souvent sollicitée lorsque les difficultés apparaissent, à un accompagnement structuré, assuré par des professionnels qualifiés, intégré dans la durée et évalué à partir d’objectifs précis. C’est à cette condition que la préparation mentale pourra contribuer pleinement au développement des athlètes ivoiriens et à l’amélioration durable de leurs performances, au niveau national comme international.
Comment préparer mentalement les athlètes ivoiriens aux grandes compétitions internationales ?
La préparation aux compétitions internationales ne doit pas se limiter aux dimensions physique, technique et tactique ; elle doit intégrer une préparation mentale rigoureuse. Les athlètes ivoiriens engagés dans ces grandes échéances devraient bénéficier de l’accompagnement d’un préparateur mental qualifié, car les enjeux sont multiples : les attentes de toute une nation, la pression médiatique, l’éloignement familial, les différences culturelles, le niveau élevé des adversaires et la peur de décevoir. Ces facteurs, pas toujours immédiatement perceptibles, peuvent avoir des conséquences réelles sur la performance.
Au fil de mon expérience, j’ai recueilli de nombreux exemples de situations qui auraient pu être mieux anticipées grâce à l’intervention d’un préparateur mental formé, mais qui ont été négligées, avec des conséquences parfois préjudiciables aux résultats.
Certes, il existe des principes fondamentaux de préparation mentale communs à plusieurs disciplines. Toutefois, chaque discipline présente des exigences spécifiques et mobilise des habiletés mentales particulières. Les besoins d’un footballeur, d’un sprinteur, d’un judoka ou d’un basketteur ne sont pas nécessairement les mêmes. C’est pourquoi l’intervention d’un professionnel qualifié est essentielle pour identifier les besoins de chaque athlète et proposer un accompagnement adapté à sa discipline.
Pour préparer efficacement les athlètes ivoiriens, plusieurs paramètres doivent être pris en compte : les caractéristiques de la discipline, la personnalité du sportif, ses ressources et ses difficultés psychologiques, ainsi que son environnement. L’ensemble de ces éléments permet d’interpréter correctement les résultats des évaluations et des tests, puis de choisir les outils et les méthodes les plus appropriés pour construire un programme d’entraînement mental cohérent avec les exigences de la compétition visée.
En préparation mentale, rien ne devrait être laissé au hasard. Chaque intervention doit s’inscrire dans une démarche structurée, individualisée et orientée vers des objectifs clairement définis. Il ne s’agit pas d’appliquer les mêmes techniques à tous les sportifs, mais de concevoir un accompagnement adapté à leurs besoins réels et aux défis qu’ils auront à relever.
Enfin, la préparation mentale doit débuter plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant une compétition majeure, selon les besoins de l’athlète. Attendre les derniers jours revient souvent à se priver du temps nécessaire pour développer, entraîner et consolider les habiletés mentales indispensables. Elle doit être anticipée, progressive et intégrée au programme global de préparation, au même titre que les autres composantes de l’entraînement.
Quel rôle le préparateur mental doit-il jouer aux côtés du sélectionneur et du staff technique ?
C’est une question qui revient très souvent dans mes échanges avec les acteurs du monde sportif. Un préparateur mental qualifié n’intervient pas pour s’opposer à l’entraîneur, bien au contraire ! Il est un acteur de la performance qui travaille en complémentarité avec le sélectionneur, les entraîneurs et l’ensemble du staff. Son rôle n’est ni de remplacer l’entraîneur ni de prendre des décisions tactiques à sa place, mais d’agir sur les facteurs psychologiques susceptibles d’influencer la disponibilité mentale et la performance des athlètes.
Concrètement, le préparateur mental peut :
- évaluer les besoins psychologiques individuels des sportifs et les besoins collectifs de l’équipe ;
- concevoir des programmes de préparation mentale adaptés aux objectifs sportifs et aux exigences de la discipline ;
- renforcer la cohésion, la communication, la confiance collective et la résilience du groupe ;
- aider le staff à comprendre certains comportements liés au stress et à la pression de la compétition ;
- élaborer des routines mentales permettant aux athlètes de mieux se préparer avant, de rester mobilisés pendant et de tirer des enseignements après les compétitions.
Cette collaboration repose avant tout sur une relation de confiance mutuelle et sur une définition claire des rôles et des responsabilités. Le préparateur mental doit respecter les choix techniques et tactiques du sélectionneur, tandis que l’entraîneur et les autres membres du staff doivent reconnaître la spécificité de son expertise et la contribution qu’elle peut apporter à la performance collective.
La confidentialité est également essentielle. Les échanges entre le préparateur mental et l’athlète doivent se dérouler dans un cadre clairement défini, en précisant dès le départ quelles informations peuvent être partagées avec le staff, dans quelles circonstances et avec quelles limites. Cette transparence préserve la confiance du sportif tout en facilitant la collaboration entre les différents intervenants.
Enfin, il est indispensable que le préparateur mental possède les qualifications adaptées aux missions qui lui sont confiées. Lorsque les difficultés d’un athlète dépassent le cadre de la préparation à la performance et nécessitent une prise en charge clinique, une orientation vers un psychologue clinicien ou un autre professionnel de santé qualifié devient nécessaire. Il faut donc bien distinguer l’accompagnement mental destiné à optimiser la performance de la prise en charge des troubles psychologiques, qui relève des professionnels de santé.
Comment aider un sportif à rebondir après un échec ou une contre-performance ?
Plusieurs outils de préparation mentale permettent d’aider un sportif à retrouver sa concentration et à rebondir. Il faut d’abord rappeler que l’échec fait partie intégrante du sport. La réussite ne se mesure pas uniquement à la capacité de gagner, mais aussi à la manière dont un athlète réagit lorsque les événements ne se déroulent pas comme prévu.
Après une contre-performance, le sportif peut éprouver différentes émotions : honte, colère, frustration ou perte de confiance. Ces réactions peuvent aussi entraîner une baisse de motivation et d’engagement à l’entraînement. Lorsqu’elles ne sont pas correctement prises en compte, elles risquent de s’installer dans la durée et d’entretenir un cercle négatif, dans lequel les doutes affectent les performances et les mauvaises performances renforcent les doutes.
Pour sortir de cette dynamique, plusieurs outils peuvent être mobilisés, selon la personnalité du sportif, ses besoins et la nature de l’échec vécu. Personnellement, je privilégierais la mise en place d’une routine mentale de transition entre l’échec et la remobilisation positive. Elle aide l’athlète à reconnaître ce qu’il ressent, à prendre du recul, à éviter de s’enfermer dans les pensées négatives et à réorienter progressivement son attention vers ce qu’il peut faire pour rebondir. Il ne s’agit pas de nier l’échec, mais d’apprendre à l’accepter, à en tirer des enseignements utiles et à poursuivre son chemin avec davantage de lucidité.
Cette démarche s’articule autour de trois étapes : accueillir et réguler ses émotions, analyser la situation de manière constructive pour identifier les enseignements à retenir, puis définir une action concrète sur laquelle se concentrer pour repartir. Le sportif passe ainsi d’une logique centrée sur ce qu’il a perdu ou raté à une dynamique orientée vers ce qu’il peut encore accomplir.
En définitive, l’enjeu n’est pas d’empêcher le sportif de connaître l’échec, mais de lui apprendre à ne pas en rester prisonnier. Un athlète mentalement préparé n’est pas celui qui ne doute jamais ou qui ne ressent aucune émotion négative, mais celui qui apprend à gérer ces émotions, à tirer profit de ses expériences et à retrouver rapidement les ressources nécessaires pour se remettre en action.
Peut-on entraîner le mental comme on entraîne les muscles ?
Je dirais que oui, car les compétences ou habiletés mentales peuvent s’entraîner, se développer et se renforcer au fil du temps. Il convient toutefois d’apporter une nuance : contrairement aux muscles, le mental n’est pas un organe que l’on développe au sens biologique du terme. Il repose sur des processus psychologiques et cognitifs qui évoluent grâce à l’apprentissage, à l’expérience et à un entraînement adapté. Ainsi, comme les capacités physiques, les habiletés mentales peuvent être progressivement améliorées grâce à un travail régulier, structuré et adapté aux besoins de chaque sportif.
Quelle réforme concrète recommanderiez-vous aux fédérations ivoiriennes pour faire de la préparation mentale un véritable outil de performance ?
Je recommanderais six mesures concrètes, inspirées de pratiques que j’ai pu observer ailleurs et qui mériteraient d’être adaptées au contexte ivoirien.
Désigner un référent en préparation mentale dans chaque fédération. Chaque fédération devrait pouvoir s’appuyer sur un professionnel qualifié, soit en recrutant un spécialiste, soit en établissant un partenariat avec un expert du domaine. Il accompagnerait les athlètes, les entraîneurs et les équipes nationales dans le développement des habiletés mentales nécessaires à la performance.
Former les entraîneurs et les encadreurs sportifs.
Il est essentiel de renforcer leurs connaissances sur la gestion du stress, la motivation, la confiance en soi, la communication et la prévention de l’épuisement psychologique. Cette formation leur permettrait de mieux comprendre les besoins des sportifs et de les accompagner au quotidien, sans se substituer aux professionnels spécialisés.
Intégrer la préparation mentale dans la planification annuelle.
Elle devrait faire partie intégrante des programmes annuels d’entraînement, de la préparation des stages, des processus de sélection et de la participation aux compétitions internationales. Elle ne devrait pas être sollicitée uniquement lorsque les difficultés apparaissent, mais constituer un travail régulier, progressif et anticipé tout au long de la saison.
Allouer des ressources spécifiques à l’accompagnement mental.
Les fédérations devraient prévoir des moyens financiers clairement identifiés pour la préparation mentale, la formation des encadreurs et le suivi des athlètes. Lorsque les ressources sont limitées, la mutualisation des compétences entre plusieurs fédérations pourrait faciliter l’accès à des professionnels qualifiés.
Mettre en place un dispositif d’évaluation de l’efficacité des actions.
Il faut pouvoir mesurer les progrès grâce à des indicateurs tels que la gestion du stress, la confiance en soi, la concentration, la cohésion d’équipe, le bien-être psychologique et la capacité à rebondir après un échec. L’évaluation ne devrait pas se limiter au nombre de médailles, car la préparation mentale contribue aussi au développement global du sportif et à sa capacité à exprimer durablement son potentiel.
Garantir l’éthique professionnelle et l’accessibilité du dispositif.
L’accompagnement mental doit reposer sur des principes éthiques clairs : respect de la confidentialité, compétence des intervenants et protection des sportifs. Il doit aussi être accessible au plus grand nombre, avec une attention particulière aux jeunes talents, aux athlètes féminines, aux sportifs en situation de handicap et aux disciplines disposant de moyens plus limités.
Pour mettre en œuvre ces recommandations, je proposerais de commencer par un projet pilote de douze mois dans plusieurs disciplines représentatives, individuelles et collectives. Cette phase expérimentale permettrait de tester les méthodes d’intervention, de former les encadreurs, de mesurer les progrès et d’identifier les conditions d’une généralisation progressive à l’ensemble des fédérations.
L’objectif n’est pas de promettre une augmentation immédiate du nombre de médailles, mais de construire progressivement un environnement sportif où les athlètes sont mieux préparés aux exigences psychologiques de la compétition et disposent d’un accompagnement adapté à leurs besoins. Ma conviction est simple : si nous investissons dans la préparation physique, la technique, les infrastructures et la qualité de l’encadrement, nous devons aussi accorder une place importante au développement des ressources psychologiques de nos athlètes. Car former un sportif à la performance, ce n’est pas seulement développer ses capacités physiques et techniques ; c’est aussi lui donner les moyens mentaux d’exprimer pleinement son potentiel lorsque les enjeux sont les plus élevés.
LB Avec Sercom



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